Petit guide de la saga Barbie

Dans le monde merveilleux de la VoD existe une saga non moins merveilleuse, source inépuisable de contenus mis à disposition des chaînes pour vos enfants, j’ai nommé Barbie. Mais comment vous repérer parmi les trente films de la saga et trouver celui qu’il vous faut ? Parce que oui, vous ne le savez pas encore mais vous êtes déjà fans.

Classicisme rose paillette

Barbie est une saga contradictoire parcourue par deux courants. Le premier est le film de princesse. Inspiré des contes ou histoires populaires, se déroulant dans des châteaux ou des forêts peuplées de créatures imaginaires et de licornes douées de parole, ce courant s’adresse aux fillettes les plus jeunes qui n’auraient pas la force d’esprit d’affronter les contes peuplés de loups vicieux. Ici les méchants sont parfois de vilains trolls, mais on observe une tendance à adopter comme figure négative un adulte aigri animé par la jalousie et l’envie. Les hommes sont souvent fourbes, doucereux tandis que les femmes ne sont que la version vieillie de la bitch du lycée.

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Barbie cœur de princesse et l’infâme méchant perruqué.

Une façon de flatter l’ego des petites en leur suggérant que leur perfection attirera forcément les vilains. Tout en insistant sur le fait que les méchants et les haineux sont finalement assez petits et faciles à battre quand on a confiance en soi. Morale aussi simpliste qu’efficace, dans la droite ligne d’une idéologie de l’Amérique des suburbs simplifiée à l’extrême. Le côté édifiant de ces récits est amplifié par le fait que dans un grand nombre d’épisodes de la saga, c’est Barbie elle-même qui porte le récit. Tel un père castor en tutu, elle se sert de ses histoires pour aider l’enfant à dépasser ses problèmes du quotidien. Il y a donc, dans la tendance Barbie conte de fée, une volonté somme toute classique de parler aux enfants. Le besoin de se rattacher à une culture traditionnelle se ressent assez précisément dans l’emploi de la musique. Disons-le en toute franchise, les producteurs n’ont pas mis les moyens financiers suffisants pour faire quelque chose de correct en terme de graphisme. L’ensemble de la saga est d’une grande laideur et d’une simplicité qui rappellent les début de l’informatique.

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Admirez ici la finesse de l’animation des textures des glaciers.

Pour autant, on peut voir au générique de plusieurs de ces films que de grands orchestres ont été embauchés pour jouer une partition souvent chef-d’oeuvresque. Comme dans Barbie princesse Raiponce où c’est le London Symphony Orchestra qui assure la bande-son.

D’ailleurs l’image de la danseuse classique est une obsession chez Barbie, l’image ultime du classicisme, de la perfection et de la maîtrise de soi. On trouve également fées et princesses dans les figures récurrentes. Bref, ce n’est pas dans cet univers que nous trouvons les barbies les plus avant-gardistes et peu de titres surnagent.

La pop-star est la nouvelle princesse

Comme vous n’êtes pas venus sur ce site pour lire une dénonciation du mythe de Barbie déjà très bien documentée mais pour voir ce qui se fait de plus bizarre dans la VoD, laissez-moi vous parler des moments où la licence, en tentant de rester au goût du jour pour suivre les Bratz et autre Hannah Montana, tente des mélanges détonants. C’est le deuxième courant, le moins représenté mais de loin le plus savoureux de Barbie. Ces dessins animés sont davantage destinés à la pré-adolescente qui, tout en faisant son entrée dans le monde des grandes, entre jean taille basse et boyfriend, n’en éprouve pas moins une secrète nostalgie pour son carrosse Barbie. Pour toutes ces mini-poufs en devenir, Mattel a créé une oeuvre protéiforme capable de nourrir le besoin de paraître cool devant les copines sans renier leur amour du rose. Ce qui donne un curieux mélange.

A la lisière entre les deux courants, on trouve Barbie et les 3 mousquetaires, mélange entre le roman du même nom, Cendrillon et Colombiana, le tout saupoudré de féminisme à la working girl. Dans cet opus, Barbie et ses trois copines/servantes/mousquetaires sont armées de leurs armes tutélaires, le sabre pour la Barbie rose traditionnelle, qui a l’apanage du classicisme, le parfum aveuglant et les rubans nunchakus pour la Barbie violette, les éventails de combat pour la Barbie verte, et le chouchou diamanté lance-pierre pour la bleue. Un bel exemple de syncrétisme bien résumé dans cette chanson :

Les autres sont issus d’une veine plus « réaliste » où le début du récit fait partie du quotidien de l’ado banale, pour finir par se vautrer salement dans la magie.

Dans Le journal de Barbie, la sus-nommée est une élève banale et impopulaire qui rêve de sortir avec le mec de sa némésis – RAQUELLE – celle-ci n’hésitant pas à reconquérir le djeun avec qui elle avait cassé pour pourrir notre chère blonde. Barbie n’a d’autre choix que d’utiliser un carnet magique qui la rend populaire. Malheureusement elle devient de plus en plus comme l’immonde Raquelle (clairement un mélange entre Rachel et une raquette) et perd tous ses amis. Morale : il faut savoir rester soi-même.

Raquelle

L’infâme Raquelle.

Barbie et la magie de la mode, dont la chanson de générique rappelle furieusement celui de Plus Belle la Vie, commence par piéger le spectateur. Le film démarre comme s’il s’agissait d’une réécriture de la princesse au petit pois. Sauf que les petits pois ne sont autres que des PETITS POIS ZOMBIES qui se mettent à rapper. Dézoom : on se rend compte que nous sommes sur le tournage d’un film. Barbie, rôle principal, tente avec beaucoup de doigté de ramener le réalisateur à la raison en retirant cette histoire de zombies pour (et je cite) « l’intégrité artistique du conte ». Le réalisateur la vire sur le champ. Elle fait donc ses cartons et doit quitter sa caravane rose, puis découvre avec effroi que tous les médias savent déjà qu’elle s’est fait lourder. Et pire, sous les commentaires des articles, les trolls se lâchent en criant leur haine et clamant que la nouvelle est excellente puisqu’ils détestent Barbie. Celle-ci est désespéré et envisage de quitter le show-biz. A ce moment précis, elle reçoit un appel de Ken qui la largue par téléphone. Elle prend la décision de fuir à Paris chez sa tante qui tient un magasin de mode.

Paris2

Paris comme vous ne l’avez encore jamais vu.

Pendant ce temps, ses amies découvrent que cette pute de Raquelle (qui est devenue asiatique dans cet opus) a monté le coup et que Ken n’a JAMAIS voulu se séparer de sa star. S’ensuit deux histoires parallèles : Ken qui se lance dans un véritable road-movie pour récupérer Barbie, et notre star préférée qui tente de lancer une nouvelle collection pour contrer les méchantes stylistes en noir, grâce à une armoire magique dans laquelle des fées s’occupent de pailleter des robes. Le tout dans l’un des dessins les hideux de la franchise. Morale : …euh… hein ?

On trouve de ces savoureux mélanges dans ces autres titres :

Barbie apprentie princesse, dans lequel Barbie réalise son rêve de rentrer à l’école des princesses.

– Barbie et le secret des sirènes, dans lequel Merliah Summers, une championne de surf, découvre qu’elle est en réalité la fille de la reine du royaume des sirènes.

– Barbie, un merveilleux noël, le plus réaliste, qui adapte très certainement un téléfilm live de Noël puisqu’on y voit Barbie et ses trois sœurs coincées dans la campagne américaine à cause de la neige, ne pouvant pas passer Noël en famille. Mais Barbie n’a pas dit son dernier mot et fait le vœu de passer un noël « magique ». Les gens du coin, qui ont vraiment bon cœur, vont les aider.

Barbie et ses soeurs au club hippique, remake de Grand Galop, où quand on tombe il faut remonter à cheval.

– Barbie : la princesse et la Popstar, qui se passe de commentaire.

Barbie en super princesse, qui surfe sur la vague du comics en proposant une super-héroïne dont les pouvoirs viennent du baiser d’un papillon.

D’autres titres sont à venir, et on attend avec impatience Barbie Rock and’Royale qui traite le thème préféré de la saga : la musique. En effet, dans nombre de ces titres, la pop prend le pas sur le classique pour nous offrir des morceaux musicaux de qualité. Comme il est de bon ton de se quitter en chantant, voici un exemple de ce à quoi vous attendre ! Attention, les princesses veulent juste du fun, vous serez prévenus.

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