Notre sélection de la semaine : Lena de Jan Schomburg (et quelques autres)

Si l’Allemagne n’est pas le pays le plus représenté dans nos salles obscures, certains petits films sortent néanmoins régulièrement en catimini. C’est le cas de Lena, deuxième film du réalisateur Jan Schomburg. Lena, incarnée par la pétillante Maria Schrader (qu’on a pu voir dans Deutschland 83 pour les sériephiles) est une intellectuelle bourgeoise qui un jour oublie tout ce qu’elle était. Elle perd non seulement la mémoire des choses mais aussi des émotions et va devoir ré-apprendre à être elle-même, mais également certaines conventions.

Le film explore donc à fond la citation « je est un autre ». Un décalage se crée entre l’ancienne et la nouvelle Lena. Contrairement à ce que la bande-annonce pourrait laisser croire, pas de pathos ici. Au contraire légèreté, fantaisie, humour et parfois burlesque sont les outils qu’utilise Jan Shmburg pour mettre en évidence le malaise de n’être jamais tout à fait soi-même. Ce décalage dans le ton crée une sensation d’étrangeté qui renforce le propos sans en rajouter dans l’analyse psychologisante. Lena est donc un film qui utilise une forme très agréable pour nous interroger.

Et cette manière de faire est devenue en deux films la marque de fabrique du réalisateur. Son premier film, L’amour et rien d’autre, abordait déjà la même question – peut-on vraiment connaître quelqu’un ? – en faisant appel à un récit plein d’émotions à la limite du fantastique. Si vous ne le connaissez pas encore, Jan Schomburg est un réalisateur à suivre.

Nul doute que celui-ci a d’une manière ou d’une autre été inspiré par la comédie la plus bizarre et décalée sur la perte de la mémoire, j’ai nommé L’homme sans passé, d’Aki Kaurismaki (un autre monument à découvrir), même si Lena ne va pas jusque-là dans l’étrangeté.

Mais vous pouvez aussi aller voir

Si vous avez envie d’une comédie sucrée et décalée, Arthur vous recommande Les Bêtises, avec un Jérémie Elkaïm maladroit et très doux, pas forcément bon acteur mais toujours attachant, et une formidable Sara Giraudeau.

Léontine, quant à elle, vous conseille de suivre une bande de belges loufoques dans le road-movie Je suis mort mais j’ai des amis. Une belle aventure dans le grand Nord sur fond de deuil et de rock’n’roll.

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