Les bandes-annonces : œuvres d’art ou outil marketing ?

Avec la multiplication des films à l’affiche pour une durée de vie toujours plus courte, atteindre le chaland n’est pas toujours facile pour les distributeurs. Dans cette lutte acharnée de la quête du public, la classique mais efficace bande-annonce reste pourtant l’un des plus redoutables outils marketing du septième art. Tellement efficace que le processus créatif s’est complètement standardisé. Pourquoi s’écarter de techniques éprouvées quand la vie et la mort d’un film se joue dès son premier jour d’exploitation ? Et pourtant, quel plaisir de tomber sur les bandes-annonces de On connaît la chanson ou de Mademoiselle Chambon

Deux projets qui sortent complètement de leur fonction illustrative, avec l’habituel résumé des meilleures scènes d’un film, pour devenir de véritables petites œuvres.

Les Golden Trailer Awards, créés en 1999, offrent même à certaines bandes-annonces une reconnaissance artistique inédite. Une récente mise en lumière qui nous rappelle que l’histoire du cinéma est depuis longtemps égrenée de campagnes de promotion détournées. Parmi les classiques, le Docteur Folamour, dont la bande-annonce est aussi décalée que le film, ou la présentation de Psychose par Hitchcock en guide touristique, restent des modèles du genre.

Plus récemment, des films entiers ont même été diffusés en accéléré. Un procédé adopté notamment pour la promotion de Femme fatale de Brian de Palma ou Film Socialisme de Jean Luc Godard (pour ce qu’il y a à spoiler…).

Notons qu’aujourd’hui ce sont surtout les films d’auteurs qui bénéficient des promotions les plus audacieuses. Les entrées se faisant davantage par la critique presse ou la renommée d’un réalisateur, si la bande-annonce est trop osée, le risque restera limité. Les films plus formatés comme La colline à des yeux 2, ou à très gros budgets comme le prochain Star Wars, miseront d’avantage sur le teaser pour créer le buzz. Leurs bandes-annonces, plus classiques, fournissant in fine les éléments explicatifs.

C’est parmi la promotion 2009 que l’une d’elle a particulièrement attiré notre attention. Ni plus osée, ni plus décalée que les autres, c’est surtout son rythme qui nous a interpellés. Pour l’anecdote, ce serait Ethan Coen qui aurait suggéré sur le ton de la blague à son monteur Mark Woollen de transformer des plans de A Serious Man en sample pour bande-annonce. Amateurs de sons rythmés, on vous laisse apprécier :

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