Notre sélection de la semaine : La Belle Saison

Parce que les femmes ont encore du pain sur la planche pour s’émanciper et ne pas perdre ce qu’elles ont déjà acquis, on ne peut que conseiller ce beau film de Catherine Corsini, réussi de bout en bout.
L’histoire nous immerge dans la France du début des années 70. Dans l’ivresse d’une rencontre amoureuse. De deux femmes qui se découvrent, rat des villes et rat des champs, et se libèrent mutuellement de leurs entraves, pour devenir libres, et fières.

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Les actrices sont belles et toujours justes. Qu’il s’agisse des deux amoureuses – Cécile de France et Izïa Higelin – ou de la mère qui veille, mère courage campagnarde qui nous fait d’abord esquisser un sourire (quand même, Noémie Lvovsky conduisant un tracteur…), puis qui nous prouve une fois encore que son interprète est une actrice à la fois discrète et puissante, avec une grande force de suggestion dans le regard, dans la présence, parfois dans un simple tressaillement de paupières.

On savoure un grand travail sur le cadre. La beauté formelle du film. Sa mise en scène soignée. A plusieurs reprises, on a l’impression d’avoir sous les yeux de grands plans de cinéma. Qu’on soit à la campagne, dans l’intimité d’une chambre éclairée à la lampe, dans les paysages chauds dont on éprouve la moiteur, la rivière et la forêt dont on ressent la fraîcheur, dans la ferme avec des envols de particules dans une étable, on sentirait presque l’odeur du foin. Ou bien qu’on soit dans le Paris de 1971, avec des décors qui n’en font jamais trop, une caméra qui colle aux personnages sans chercher les effets de style. Cette pudeur de la réalisation fait qu’on y croit.

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Un film nécessaire sur les femmes. Sur les homosexuelles. Sur la confrontation entre des mondes sociaux, des milieux qui sont curieux l’un de l’autre mais qui ont du mal à s’accommoder durablement. Quelques fois, on a l’impression d’assister à La vie d’Adèle en plus simple. Peu importe, et tant pis pour la redite : on a trop peu de films sur de grandes histoires d’amours féminines.

Bon, si vous avez plutôt besoin de vous défouler, Léontine vous invite à allez passer 1h36 devant American Ultra aux côtés de Jesse Eisenberg, jeune paumé et ralenti par la fumette qui anéantit toute une armée d’agents de la CIA, à la petite cuillère et à la poêle à frire.

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