En attendant l’Étrange Festival

Du 3 au 13 septembre se tiendra au Forum des images une manifestation qui nous tient à cœur : l’Étrange Festival. Né de la constatation que les films de genre et les expériences cinématographiques sont les premiers projets touchés par la baisse des financements, il propose tous les ans de découvrir de véritables pépites. Depuis 1993, le festival a permis de faire découvrir en France de grands noms du cinéma international comme Sono Sion, Nicolas Winding Refn, Takashi Miike, Kim Ki-duk… Cette année, trois cartes blanches sont données à trois maîtres de la bizarrerie.

Ben Wheatley

C’est le plus jeune de la bande. Réalisateur anglais, en seulement quelques films il a réussi à s’imposer comme étant la relève du cinéma de genre. Entre humour très noir et hémoglobine, il dresse un portait désenchanté de l’humanité. Kill List, son deuxième film (mais le premier sorti en France) est le plus horrifique. Il raconte l’histoire d’un serial killer confronté à une liste de cibles à éliminer pas comme les autres. Le travail sur l’ambiance prend aux tripes et nous plonge dans un désarroi et une peur absolue.

Benoît Delépine

Joyeux luron et digne représentant de « l’humour Canal + », Benoît Delépine a beaucoup fait évoluer son travail depuis son passage aux Guignols de l’info puis à Groland. Lorsqu’il passe derrière la caméra en 2004 avec son acolyte Gustave Kerven, c’est pour proposer une oeuvre à l’esthétique léchée et ambitieuse, digne héritière de Kaurismaki. Décalage, ironie, sens de l’absurde sont les éléments que l’on retrouve dans Louise-Michel et Aaltra, peut-être les deux films les plus réussis du tandem. On retrouve dans la filmographie de Delépine un vif intérêt pour les problématiques sociales et la dureté des conditions de vie des plus faibles. Leurs acteurs, qu’on retrouve de films en films, travaillent la placidité et l’économie de parole. Un exercice de clown triste, avec une grande humanité, qui vous emmène du rire aux larmes.

Guy Maddin

Guy Maddin est sans aucun doute l’auteur le plus farfelu mais aussi le plus total de ces cartes blanches. Depuis 1988, il travaille sans budget des thématiques qui lui sont chères, dans une esthétique lyrique et poétique. Surréalisme et inconscient sont les clés pour comprendre l’oeuvre dense, expérimentale et chargée de références (de la mythologie au cinéma) de cet autodidacte dont on aime particulièrement The Saddest Music in the World et Des trous dans la tête. Véritable parrain de l’édition de la XXI édition de l’Étrange Festival, il viendra y présenter son dernier film, The Forbidden Room. Voilà qui place le festival sous les meilleurs auspices.

Retrouvez le programme de l’édition 2015 du festival.

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