Notre sélection de la semaine : Youth

Ce matin à la première séance des Halles, en voyant Youth de Paolo Sorrentino, j’ai pensé à cet article et me suis demandé si je saurais condenser tout ce que j’ai ressenti, toutes les idées qui fourmillent dans le film et toutes les belles pensées distillées par son réalisateur. Car il s’agit d’un film dense, subtil, et profondément émouvant.

Nous sommes dans un hôtel des Alpes en compagnie d’une galerie de personnages joyeusement décalés. L’intrigue gravite autour de Fred et Mick (Michael Caine et Harvey Keitel), deux vieux amis, l’un grand compositeur, l’autre grand réalisateur. Le premier est venu se refaire une santé dans cet établissement de santé luxueux, entre massages, sauna, promenades au grand air, et tente d’échapper à un émissaire de la Reine d’Angleterre qui désespère de le convier à une représentation musicale. Le second est là pour travailler au scénario de son film testamentaire, entouré d’une bande de jeunes scénaristes sympathiques qui cherchent en vain une idée de fin pour son futur chef d’oeuvre. Autour de ces deux vieux artistes gravitent tout un panel de personnages satellites plus ou moins importants, allant de la fille du compositeur (Rachel Weisz) au jeune acteur américain (Paul Dano) venu observer les clients de l’hôtel pour préparer son prochain rôle, en passant par un vieux couple mutique, une jeune masseuse aux mains expertes, un moine bouddhiste ou encore Miss Univers.

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Le film parle bien sûr de la jeunesse. Jeunesse perdue, jeunesse oubliée, jeunesse obsédante dont certains ont fait le deuil et que d’autres s’obstinent à retenir. Il n’y a pas la vieillesse d’un côté et la jeunesse de l’autre. Il y a des vieux qui se sentent jeunes et des jeunes qui se sentent vieux. La frustration n’est pas l’apanage d’un âge en particulier. Et les enseignements s’échangent de part et d’autre. Sur ce sujet on pense au précédent film du même Sorrentino, la fameuse Grande Bellezza, ou aux mythiques Fraises Sauvages de Bergman. Outre la jeunesse éponyme, le film aborde une multiplicité de sujets connexes : la création, la beauté, le désir, la vanité, ou encore les rapports que l’on entretient avec ses enfants, le tout en moquant gentiment cette société aisée qui se prélasse dans un spa alpin.

Personnages felliniens, plans tableaux, ambiance quasi onirique, dans Youth la part belle est donnée à l’imagination des protagonistes, avec un humour amer qui entrecoupe des séquences plus émouvantes. Du rire aux larmes, on retiendra cette réplique de Harvey Keitel à Michael Caine : « Tu dis que les émotions sont surestimées, mais les émotions sont tout ce qu’on a ».

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