Notre sélection cette semaine : Les Rois du monde (et quelques autres)

Sallette. Cantona. López. Trois bonnes raisons de voir ce film qui pourraient suffire à elles-mêmes. Ajoutons Bohringer. Et Gouix. Et Casteljaloux, le village qui tient lieu de théâtre au triangle amoureux des Rois du monde de Laurent Laffargue  (et qui porte assez bien son nom). L’intrigue est simple : une brute alcoolique tout juste sortie de prison (Sergi López) cherche à reconquérir la femme qu’il aime (Céline Sallette), qui donne désormais des cours de théâtre avec passion à une bande d’adolescents niaisous, et vit avec le boucher du village, campé par Eric Cantona. En parallèle, comme un jeu de miroir, on suit les émois de deux ados théâtreux qui draguent la même fille, l’ingénue Pascaline. Le film, adapté d’une pièce écrite par le réalisateur, oscille entre l’humour et la tragédie, avec une intrigue nouée dès le départ par l’hybris de Sergi López, qui rend la situation inextricable par sa seule obstination.

Cette semaine, l’équipe ciné a été comblée par les sorties ciné. Voici les retours de mes camarades qui vous conseillent également d’aller voir les films qu’ils ont aimé :

Après The Act of killing, Joshua Oppenheimer revient avec un second documentaire sur les massacres perpétrés en Indonésie au milieu des années 60. Là où son premier opus se concentrait sur la parole des bourreaux, seuls à vouloir (et pouvoir) évoquer le sujet puisque toujours au pouvoir, The Look of silence suit la quête d’Adi Rukun, rencontrant un par un les responsables de la mort atroce d’un frère qu’il n’a pas connu. La rencontre frontale entre victime et bourreaux semble provoquée en amont par le réalisateur qui, après avoir mis en confiance les tortionnaires, les force à la confrontation avec l’une de leurs victimes pour libérer la parole. Ce stratagème très fort fait naître détails sordides, mensonge, silence, gêne, menaces et colère, parfois repentir et remords mais aussi quelque fois une absence de sentiments glaçante. Un film plus que nécessaire pour libérer l’Indonésie du poids du passé, dont on ne peut ressortir indemne. (Sophie)

Plus discret que NWA – Straight Outta Compton, le premier long métrage de Pascal Tessaud, produit grâce au crowdfunding, accompagne une jeune rappeuse qui quitte la Suisse et s’installe à St Denis, en banlieue parisienne. L’actrice KT Gorique, championne du monde de free-style, éblouit par son flow. Toute la puissance de Brooklyn repose sur ses textes poignants, poétiques, sur cette vision de la banlieue loin des clichés. Ce film à la limite du documentaire, filmant au plus près les personnages, dégage une énergie brute et émouvante. (Léontine)

Enfin, Jimmy a été ému par la tendresse avec laquelle Louis Garrel filme, dans Les Deux amis, trois trentenaires qui traversent leurs amours avec l’excès et la passion d’adolescents.

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