Notre sélection cette semaine : Maryland (et quelques autres)

C’est un drôle d’exercice auquel se livre Alice Winocour : faire naître le doute, un sentiment de paranoïa et d’irréalité dans un film par ailleurs très premier degré, qui respecte à la lettre nombre des codes du home invasion movie. Soit Vincent, un soldat traumatisé qui prend son boulot d’agent de sécurité privée très au sérieux quoiqu’avec un peu d’amertume – surtout au vu de l’opulence de ses employeurs, et de leur peu de respect à son égard. Vincent scrute la foule des importants à la recherche d’un danger, et s’il laisse traîner son regard sur les femmes trophées dans leurs robes haute-couture, il n’en est pas pour autant moins alerte et prudent : quelles sont ces messes basses ? Pourquoi la conversation entre l’hôte et certains de ses invités est-elle si tendue ? Devenu garde du corps de l’une de ces charmantes épouses (Diane Krüger, parfaite dans son rôle de privilégiée démunie), il voit ses craintes se confirmer…

La mise en scène colle au plus près des impressions et perceptions du personnage traumatisé, incarné par Matthias Schoenarts, qui peut ici capitaliser sur son talent dans le décalage entre apparence bourrue et émotion latente. Il serait  d’ailleurs peut-être temps pour les critiques d’arrêter de qualifier son jeu d’ « animal »; Bullhead, c’était il y a quatre ans. Autre qualité du film : bien qu’il se concentre sur ses quelques personnages, il n’oublie pas de faire exister en filigrane une toute autre échelle, celle de la violence géopolitique insoutenable du monde moderne… Qui fait tristement écho à celle de notre héros.

Un héros mutique, qui a un cœur gros comme ça sous ses pecs’ et sa violence sourde, et est prêt à tout pour protéger la femme inaccessible dont il est tombé amoureux : dites, ça serait pas le résumé de Drive ?

On retrouve la même hésitation entre danger réel et paranoïa, du point de vue d’un personnage tout aussi troublé et vaguement obsédé, dans Take Shelter :

Si vous avez envie d’un ambiance plus calme, disons une forêt picarde de 1918, Arthur vous recommande L’Odeur de la mandarine, de Gilles Legrand, avec le toujours formidable Olivier Gourmet, et une actrice issue de la Comédie Française, Georgia Scalliet. Cette dernière y campe une jeune veuve, libre de son corps, de ses désirs et de son destin, face à un homme estropié qu’elle voit comme un ami mais qui malgré tout la désire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s