Le film de la semaine : 21 nuits avec Pattie

21 nuits avec Pattie est peut-être le film le plus politique et le plus nécessaire en cette période troublée. Celui qui parle le mieux de la liberté et de la joie. Les frères Larrieu, sous couvert de retour à un cinéma aux formes classiques (avec un hommage au cinéma muet), parviennent à faire vibrer leur film que l’on sent parcouru par un frisson. Pas par des procédés voyeuristes, comme c’est le cas dans beaucoup d’oeuvres aujourd’hui, mais grâce à un retour à des techniques narratives fondamentales. Dans leur dernier opus, cela s’exprime par la mise en scène de récits sexuels sous une forme quasi mythique, proche du conte de Shéhérazade. Karin Viard incarne Pattie, l’image de la femme libérée par excellence, celle qui raconte sans tabous, qui met en scène sa vie sexuelle sous la forme de petites histoires. Elle est l’amie d’Isabelle qui vient de mourir. Caroline, la fille d’Isabelle, une femme qui a perdu tout désir sexuel, arrive dans ce village sans tabous pour enterrer sa mère. Le film raconte comment Caroline, au contact des histoires sexuelles des uns et des autres, grâce à la confrontation aux fantasmes d’autrui mis en mot (principalement ceux de Pattie), va reconquérir son désir et sa sexualité, et par là-même, trouver une forme de liberté, de joie et d’ouverture. Le scénario, comme souvent avec les frères Larrieu, mélange plusieurs genre : la comédie, le fantastique, le policier, le récit érotique, avec pour idée de montrer la rencontre entre les gens. Mais attention, s’ils parlent toujours joyeusement de sexualité, cela n’a rien de naïf pour autant. Le cul est toujours mis en regard avec la mort, la solitude, l’angoisse, mais aussi la frustration. La rencontre entre ces opposés étant vue comme une force nécessaire et créative. Cette tension est par ailleurs extrêmement bien représentée dans la thématique de la nécrophilie, un tabou évoqué avec poésie et romantisme, sans gêne, dans une normalité libératrice. Pas difficile du coup de voir dans le film une projection des réalisateurs. De voir leur cinéma comme une métaphore des récits sexuels de Pattie : des pulsions qui, exprimées par le détour de la fiction et partagées à plusieurs, sont le degré suprême du bonheur et permettent de maîtriser nos angoisses les plus enfouies. Bref, la beauté et l’art comme nécessité absolue de sublimation.

D’autres cinéastes ont exploré ce concept de libération par la sexualité, marquant les mémoires cinéphiles. Échantillon de ceux que le film des Larrieu nous a rappelés :

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s