Homosexualité et TV : le placard s’ouvre à l’écran !

Si vous lisez cet article et que pour vous la question de l’homosexualité d’un personnage de fiction ou d’un animateur n’en est même plus une, si vous avez l’impression que le monde des médias est ouvert au sujet et a d’emblée déroulé le « rainbowflag », alors c’est que vous avez peut-être oublié – ou que vous ignorez – le chemin parcouru pour enfin voir apparaître aujourd’hui une lente mais certaine évolution.

Émergence des séries LGBT et de personnages fictionnels homosexuels

La fin des années 90 a, en effet, constitué un vrai bouleversement en matière de visibilité LGBT dans les séries TV. Queer as folk (1999 pour sa version britannique, 2000 pour sa déclinaison américaine), The L word (2004), Noah’s Arc (2005) sont autant de séries montrant à l’écran les vies de personnages LGBT et ont clairement joué le rôle de précurseurs en la matière ; ouvrant la porte aux autres The Fosters (2013), Transparent (2014) ou Looking (2014).

Mais la véritable évolution n’est peut-être pas tant dans la multiplication des séries dont l’homosexualité ou les problématiques LGBT sont les sujets principaux (même si cela reste révélateur, surtout quand les séries sont diffusées sur des networks relativement exposés ou bénéficient d’une assez large couverture médiatique à leur sortie) mais peut-être dans le nombre croissant de personnages fictionnels LGBT dans des séries grand public non centrées sur leur sexualité. Lee et Bob de Desperate Housewives, JP de Clara Sheller, Kurt de Glee, Nicolas ou Marie d’Une famille formidable ou encore Maxxie de Skins sont autant d’exemples participant à une véritable normalisation des différentes orientations sexuelles aux yeux d’un public large et non communautaire.

Mais si la fiction a un rôle à jouer dans cette banalisation souhaitée, la réalité détient une puissance de frappe encore plus grande. La vraie victoire passe donc par une visibilité accrue des questions LGBT dans les programmes TV des chaînes dites historiques ou par l’exemple que peuvent incarner ceux que le grand public regarde et admire.

Une plus grande visibilité, et la question de l’exemple

Les émissions diffusées aux heures de grande audience sont de plus en plus nombreuses à mettre à l’écran des participant(e)s assumant publiquement leur homosexualité. Et la leçon à en tirer pour les producteurs est que cela ne fait pas fuir le ou la fameuse responsable des achats. Bien au contraire !

Benoit Dubois et Thomas Vitello ont ainsi fait à eux deux la saison 4 de Secret Story (2010), le premier remportant même la victoire finale aux suffrages des téléspectateurs. Benjamin, participant de la seconde saison de Qui veut épouser mon fils ? (2012) a été une des figures populaires de sa saison. Eddy ben Youssef, pilier de la septième saison de Secret story en 2013 et figure incontournable des Anges de la Téléréalité depuis 2014, compte aujourd’hui parmi les figures médiatiques connues et appréciées des jeunes. Enfin, la 10e saison de l’Amour est dans le pré (2015) aurait même dû suivre la quête amoureuse du premier candidat gay si celui-ci ne s’était pas rétracté, sans doute apeuré par le fait d’être instrumentalisé. Cette énumération n’a pas vocation à être exhaustive mais témoigne d’une visibilité, certes encore trop événementielle dans sa couverture médiatique, mais une visibilité quand même !

thomas-benoit

Le petit écran a même connu son lot de programmes « étiquetés » LGBT avec cette fois néanmoins un succès d’audience mitigé. Malgré le fait que ces programmes ne soient pas parvenus à rassembler un public plus large, on ne peut pas ôter au producteurs et aux diffuseurs de Queer, 5 experts dans le vent (TF1, 2004) ou encore de La folle route (TF6, NRJ12 et W9, 2008) d’avoir tenté le pari.

Un autre facteur important de banalisation, peut-être même le plus efficace selon moi, réside dans les présentateurs et présentatrices qui assument publiquement leur homosexualité sans pour autant la mettre en avant. Ellen DeGeneres, Stéphane Bern, Marc-Olivier Fogiel, William Carnimolla, Christophe Beaugrand ou encore Alex Goude, pour ne citer qu’eux, sont devenus de manière plus ou moins revendiquée de véritables porte drapeaux.

Si l’on en croit la multitude de retours positifs qu’Alex Goude dit avoir reçus suite à son coming-out médiatique dans le magazine Gala en mai 2015, on aurait même presque envie de dire qu’il est du devoir des personnalités publiques qui s’assument en privé de se faire les portes-voix des LGBT. Il ne faut pas être frileux, la vraie victoire passe par là. Sortons la télévision du placard !

alex goude

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s