Top 10 des (pires) remakes US de films français

Chez Spideo, tout indexateur recherche la recommandation parfaite. Trouver à partir du même sujet, des mêmes thèmes, le film, la série qui peut correspondre parfaitement au programme que vous avez déjà aimé. En un mot, proposer en fonction de ce qui vous a plu ce qui aura toutes les chances de vous plaire tout autant. Avec cette logique, difficile d’imaginer mieux qu’un remake comme parfaite reco. Reprise des mêmes ingrédients, parfois des mêmes scènes, on est en terrain connu. Pourtant cela suffit-il à garantir le même plaisir ? Entre les fans d’Alain Delon dans Plein Soleil et ceux de Matt Damon dans Le Talentueux Mr Ripley, pas sûr que le spectateur vive la même expérience. Aujourd’hui au programme, un petit tour d’horizon des adaptations les plus surprenantes ou les plus ratées de films français made in USA sur lesquelles nous avons pu tomber en pleine indexation. L’exception culturelle prend un sens tout particulier…

10. La Totale – True Lies

Imaginer glisser un Arnold Schwarzennegger dans la peau de Thierry Lhermitte, il fallait oser. Pourtant rien d’impossible pour James Cameron, auteur de Titanic, Avatar ou Terminator qui se laisse ici tenter par l’adaptation d’un film de Claude Zidi. Évidemment entre les codes de l’espionnage à la française et ceux des films d’action US il y a une légère marge. Résultat, un remake dopé aux hormones remplaçant les mots d’esprits par du bourre pif tout en subtilité. Un remake surprenant mais plutôt réussi où les différences culturelles s’assument pour le mieux. A quand Schwarzy dans un remake de Quai d’Orsay ? On en salive d’avance.

9. Le Grand blond avec une chaussure noire – L’Homme à la chaussure rouge

Qui y a-t-il de commun entre Pierre Richard et Tom Hanks ? En dehors de quelques frisottis, pas grand chose à priori. Et pourtant, les deux acteurs ont eu un rôle en commun. En 1985, Hanks reprend la tradition des Perrin/Pignon chère à Francis Veber en jouant le rôle rendu culte par Pierre Richard près de dix ans plus tôt. Une relecture pas dénuée d’intérêt avec un humour oscillant entre l’absurde anglais, le comique de dialogues français et la comédie d’action typiquement américaine.

8. Les Fugitifs – Three fugitives

Avec La Chèvre, Les Compères puis Les Fugitifs, Gérard Depardieu et Pierre Richard sont devenus une espèce de duo mythique du cinéma français, une définition du buddy movie à la française tout en affolement et en bonnes répliques. Première adaptation du duo, The Three Fugitives est réalisé par le réalisateur original, Francis Veber lui-même. On n’est jamais mieux servi que par soi-même sans doute. Il en ressort une copie presque parfaite où l’on regrette un peu Pierre Richard mais où l’on ne peut que s’incliner devant la ressemblance quasi parfaite entre Nick Nolte et Depardieu. De quoi imaginer ce qu’aurait donné un 48 heures avec Eddie Murphy et Depardieu. On n’est pas passé loin du miracle assurément.

8 bis. Les compères – Father’s day

Petite triche au passage avec cette autre adaptation d’un classique Depardieu/Richard : Father’s day, un remake qui ose le clash des cultures. Le rôle de Depardieu échoit à Billy Crystal tandis que Pierre Richard cède sa place à Robin Williams. Deux écoles pour deux versions qui détonnent mais qui n’en demeurent pas moins intéressantes avec leurs dynamiques totalement différentes.

7. LOL – LOL USA

Comme Francis Veber en son temps, Liza Azuelos réalise elle-même l’adaptation de son propre film pour le public US. Le résultat est une copie quasi parfaite incorporant tout de même ici ou là quelques clichés sur la culture US ou sur les différences culturelles franco américaines. Mention spéciale pour une Miley Cyrus ayant particulièrement abusé de l’autobronzant à la veille de son changement de personnalité. De quoi se remémorer comment était l’ado préférée de Disney avant de chevaucher de grosses balles.

6. Taxi – New York Taxi

Jimmy Fallon dans le rôle de Frédéric Diefenthal. Doit-on rajouter autre chose ? Une adaptation fine comme un jambonneau pour un film qui déjà à l’origine ne brillait pas par sa subtilité. A noter, le gang d’Allemands est désormais une bande au féminin avec Gisèle Bündchen en leader du groupe. Évidemment on ne s’arrêtera pas sur la gratuité des (très) nombreuses scènes mettant en avant sa plastique. De la finesse on vous dit, que de la finesse !

5. La Cage aux folles – Birdcage

Si le film original pose déjà quelques problèmes de ringardises et de lourdeur manifestes, il avait au moins pour lui l’excuse de l’âge. Mais un remake US vingt ans après, en 1996, ça devient difficile à défendre. On en ressort un Robin Williams se débattant comme il peut avec son rôle et un Nathan Lane prisonnier de la caricature à l’emporte pièce de l’interprétation de Michel Serrault. On a beau souffrir avec eux, la solidarité n’excuse pas tout.

4. Un Indien dans la ville – Un Indien à New York (Jungle 2 Jungle)

Déplacer l’intrigue d’Un Indien dans la ville de Paris à New York, voilà toute l’originalité du film. On remplace la Tour Eiffel par la Statue de la Liberté et hop le tour est joué, la copie est sortie. Seul problème : là où Thierry Lhermitte, Patrick Timsit et Ludwig Briand s’en sortaient plutôt honorablement, le jeu tout en élégance de Tim Allen nous entraîne dans les abîmes du gag lourdaud, transformant chaque blague ou idée comique en une purge sans nom. Bref, pour citer Timsit, on est mal on est mal !

3. Les Visiteurs – Les Visiteurs en Amérique

Rarement un film aura autant tenu à l’alchimie entre ses acteurs. Sans le contraste entre la bouffonnerie de Christian Clavier et la minauderie de Valérie Lemercier il n’y aurait pas de Visiteurs. Le remake made in USA pèche peut être justement par ce manque d’harmonie. Les gags s’enchaînent sans jamais faire mouche et l’on reste devant une copie qui ne trouve jamais son originalité propre. Pire, le remake joue les pudibonds en atténuant le ton de l’original, jusqu’à effacer le rôle de SDF de Marie Anne Chazel pour le remplacer par une employée de maison, et renommer le cultissime Jacquouille la fripouille en André le pâté. Bref, un naufrage total qui semble d’ailleurs avoir poussé le réalisateur à ne pas signer son film Jean-Marie Poiré mais Jean-Marie Gaubert. Gardons une lueur d’espoir en souhaitant que le troisième volet prévu cette année soit à mille lieues d’un tel désastre.

2. Le Père noël est une ordure – Joyeux Noël (Mixed Nuts)

Difficile d’adapter une comédie aussi caustique que le Père Noël est une ordure en tentant de l’adapter aux goûts du public américain. C’est pourtant ce qu’a tenté Nora Ephron, plus habituée d’ordinaire aux comédies romantiques (Quand Harry rencontre Sally, Nuits blanches à Seattle, etc). Si l’essentiel des éléments sont là, on ne retrouve pourtant jamais l’ironie mordante et la méchanceté des personnages originaux. Il ne reste qu’un fade divertissement un brin moqueur beaucoup trop mou pour les amateurs d’humour noir. Petite surprise tout de même à relever, Liev Schreiber déguisé en travesti montre une étonnante ressemblance avec Michaël Youn. Soyez prévenus, après ça, vous ne le verrez plus jamais comme avant. Bref, comme dirait Fatal Bazooka, FBI, fausse bonne idée…

1. Le Diner de cons – Dinner for schmucks

Que se serait-il passé si au lieu de rester confiné à l’appartement de Mr Brochant, Pignon s’était rendu au dîner prévu ? C’est à peu près à partir de cette idée que ce remake tente le pari de l’originalité en allant jusqu’au bout de la logique de son modèle. Hélas, l’invention ne rime pas toujours avec bonne idée, particulièrement pour ce Dinner qui devient très vite bien indigeste. Personnages grotesques, gags lourdingues, blagues éculées, on est à deux doigts de l’indigestion pour ce remake de mauvais goût qui n’en finit pas de massacrer son modèle. Malgré une distribution de qualité, rien ne peut sauver du naufrage ce radeau de la comédie. Bref, un navet à éviter à tout prix ou à la rigueur à visionner par pure curiosité malsaine.

2 réponses à “Top 10 des (pires) remakes US de films français

  1. Je ne sais pas si c’est très pertinent de citer en intro le Mr Ripley avec Matt Damon, sachant qu’il s’agit d’une nouvelle relecture du bouquin de Patricia Highsmith et non un remake à proprement parler de Plein Soleil.

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