Panorama des nouveautés 2016 de France 5

C Politique se refait une beauté, La Quotidienne obtient une suite, La Grande Librairie s’allonge et s’ouvre davantage, Les Boloss des Belles Lettres font leur apparition à l’antenne… 2016, l’année de tous les changements pour France 5 ?

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C Politique

Nouvel horaire, nouvelle durée, nouveau décor, nouvelle formule… Le magazine de France 5 C Politique a véritablement fait peau neuve. Toujours en direct le dimanche, mais à présent de 18h35 à 19h55, Caroline Roux y aborde la politique d’une autre manière, avec un concept dans l’air du temps.

Avant toute chose, pourquoi France 5 a-t-elle fait ce choix ? En effet, C Politique a depuis toujours de bonnes audiences et ne connait pas de perte de vitesse. Fabienne Barollier, directrice adjointe des Magazines France 5, responsable du pôle Société et Décryptage, a accepté de répondre à notre interrogation : « L’émission C Politique en est à sa 7ème saison. Sans un effondrement des audiences, nous avions le sentiment que nous pouvions faire mieux. Or, il est particulièrement difficile de renouveler l’écriture d’un magazine politique. En effet, quand le personnel politique reste sensiblement le même, nous avons besoin de renouveler les propositions pour conserver l’intérêt de nos téléspectateurs ».hp-cpolitique-3575_0

Ainsi, l’interview d’une heure de l’invité politique est désormais remplacée par un talk-show d’une heure et demie. Fabienne Barollier nous explique très simplement ce choix  : « Des études sur la façon dont les téléspectateurs percevaient les émissions politiques à la télévision nous ont montré clairement sa désaffection actuelle face aux discours des politiques. Nous pensons que le face à face entre une journaliste et un invité politique n’est plus d’actualité. ».

L’invité politique est toujours présent, mais n’est interviewé qu’une quinzaine de minutes avant de participer à un débat avec deux experts et deux citoyens anonymes, présents sur le plateau pour l’interpeller. L’équipe de production de l’émission et France 5 voulaient s’éloigner de « l’entre-soi » des seuls journalistes et responsables politiques. Fabienne Barollier précise : « Nous avons réfléchi avec Caroline Roux et son producteur pour ramener les préoccupations des Français au centre du dispositif. Ainsi, deux personnes issues de la société civile et intéressées par l’une des thématiques développées par l’invité viennent à présent l’interpeller directement. En face, deux experts sont là pour apporter la contradiction ». Cette volonté avait d’ailleurs été très clairement formulée par les téléspectateurs de l’émission, à travers les réseaux sociaux dédiés au magazine : ils souhaitaient participer au débat. Ils ne seront pas seulement là pour « porter un problème personnel mais pour être le reflet d’une problématique dans laquelle les Français se retrouvent ».

Leur ordre de bataille a également été de se projeter dans les événements à venir, et donc de prévoir de futures séquences passionnantes : les primaires chez les Républicains, puis les élections présidentielles. En effet, cette formule a également été conçue afin de mieux aborder les prochaines échéances électorales, de s’adapter aux enjeux actuels de la politique, mais également de donner plus d’épaisseur à C Politique. Cette nouvelle scénographie semble déjà porter ses fruits : les audiences ont sensiblement augmenté depuis Janvier. Pari remporté !

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La Grande Librairie

L’émission littéraire présentée par François Busnel sur France 5 s’est rallongée elle aussi au travers d’une toute nouvelle formule, dévoilée depuis la rentrée 2016. Désormais d’une durée de 90 minutes, elle a pour ambition de couvrir l’actualité littéraire sous toutes ses formes. Patricia Corphie, directrice adjointe des Magazines, responsable du pôle Culture/Arts de Vivre/Découverte, nous confirme que l’ancien directeur Michel Field « souhaitait ouvrir l’émission à tous les genres littéraires ». Il ne voulait pas que ce magazine littéraire ne devienne élitiste, mais au contraire qu’il soit « populaire, dans le sens noble du terme ».

Ce changement, initialement impulsé par Michel Field, continue d’être porté par la nouvelle directrice de France 5, Nathalie Darrigrand. L’équipe de la chaîne souhaite aussi qu’un ton divertissant soit plus perceptible dans cette émission, et donc dans son incarnation : Nathalie Darrigrand voit en François Busnel, un passeur « d’un gai savoir ».

Changement de durée, des nouveautés dans la mécanique, France 5 a en effet choisi de ne pas attendre une quelconque érosion de l’audience de son prime dédié à littérature mais au contraire d’anticiper, en renouvelant l’offre proposée aux téléspectateurs.

Décision risquée que de transformer une émission déjà bien rodée et de changer son organisation ? Patricia Corphie affirme que non, car « France 5 garde toujours la même promesse, les mêmes valeurs, la même envie : celle de faire découvrir. Ce qui doit évoluer c’est la façon de faire ». Un élargissement de la thématique et une variation de la scénographie ont donc été adoptés afin que l’émission soit moins classique, moins attendue et moins académique. « On veut créer de la surprise pour le téléspectateurAinsi depuis janvier, François Busnel s’amuse à poser quelques questions plus décalées en s’appuyant des dispositifs tels que : tirage de cartes, lancement de dés, questions posées par une Remington 22 (mythique machine à écrire)… Ces dispositifs révèlent d’autres facettes des auteurs et François Busnel est ravi de ce petit pas de côté » dit Patricia Corphie.

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Mais Patricia Corphie précise bien que « dans ce changement il faut procéder par petites touches, tout chambouler brutalement serait prendre le risque de s’éloigner de l’essence même de l’émission, de la dénaturer ». Que France 5 doit conserver son cœur de cible et en même temps se donner la chance d’agrandir son auditoire.

Dans les nouveautés, nous pouvons aussi compter sur l’apparition de nouvelles rubriques. Désormais, La Grande Librairie débute par « La gazette », un dynamique tour d’horizon de l’actualité littéraire en France et à l’étranger et régulièrement, il est proposé de pousser la porte de « la fabrique à fiction » d’un auteur avec la séquence « l’univers d’un écrivain ». De quoi nous mettre l’eau à la bouche !

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La Quotidienne

Diffusée sur France 5 du lundi au vendredi à 11h45, La Quotidienne est désormais prolongée d’une demi-heure avec l’arrivée depuis le 4 janvier de La Quotidienne, la suite. Présentée par Farida, ce nouveau rendez-vous n’est pas une émission de cuisine, mais la première et la seule émission française exclusivement dédiée à l’alimentation et à la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Lorsque l’on demande à Fabienne Barollier comment s’est opéré le choix de la thématique de La Quotidienne, la suite, la réponse semble être une évidence : « Après avoir développé une émission consacrée aux nouveaux modes de consommation collaboratifs, participatifs, responsables et durables, la marche suivante était naturellement la lutte contre le gaspillage alimentaire ». Et lorsqu’on lui demande si cela correspond aux sujets de prédilection de la chaîne, elle confirme : « Cette émission s’inscrit complètement dans la ligne éditoriale de France 5, une chaîne citoyenne, en contact direct avec les préoccupations quotidiennes des téléspectateurs, à hauteur d’hommes ».

Farida, l’animatrice de l’émission est une « kitchen-victim ». Journaliste, chroniqueuse et animatrice sur Cuisine + avec Les Coups d’food de Farida dont elle a créé le concept, elle a également animé Farida, ses recettes chics et faciles sur la même chaîne. Pour France 5, le choix a paru tout naturel : « Farida avait fait partie de l’équipe des cuisiniers de C à Vous et elle est l’une des chroniqueuses régulières de La Quotidienne depuis sa création. C’est un des visages montants de la chaîne ! »

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L’intérêt de ce nouveau magazine, c’est aussi de valoriser les produits des régions françaises et leur traçabilité, mais aussi les gens passionnés qui travaillent dans ce secteur, à travers des interviews en plateau et des reportages.

Chaque semaine, un commis issu d’une école hôtelière devra relever sur le plateau un défi autour d’une recette thématique. Par exemple : cuisiner un plat à partir des restes du week-end. Cette idée, comme nous l’explique Fabienne Barollier, « vient de l’envie que France 5 avait de valoriser également l’apprentissage et les métiers manuels ou de l’artisanat. » Autrement dit, le savoir-faire français en terme culinaire. Mais il s’agit également de se démarquer des programmes de cuisine que l’on peut trouver sur d’autres chaînes.

Enfin, toujours dans la même fibre, La Quotidienne, la suite accueillera tous les vendredis un téléspectateur pour qu’il cuisine devant nos yeux sa recette anti-gaspillage. Fabienne nous explique : «  Proposer à un téléspectateur ou une téléspectatrice de venir réaliser sur le plateau sa propre recette anti-gaspillage, c’était pour nous une façon de concrétiser les relations très fortes qui se nouent avec les téléspectateurs. La Quotidienne et La Quotidienne, la suite ont été dès l’origine des émissions totalement interactives et digital natives. Les deux émissions sont nées simultanément à l’antenne et sur la plateforme web. En étant au centre du dispositif, le téléspectateur devient un téléspec-acteur ! ».

Mayé Lauqué, Thomas Isle,

Il faut savoir qu’en deux ans, La Quotidienne est parvenue à doubler l’audience de la case auparavant occupée par des programmes jeunesse. L’émission réalise chaque jour près de 3% de parts de marché, soit entre 250.000 et 300.000 téléspectateurs. La Quotidienne, la suite remplace l’actuel documentaire diffusé juste après, qui, il faut le dire, plombait les audiences de la chaîne avant l’arrivée du Magazine de la santé à 13h30. Comme le dit Fabienne Barollier, « La Quotidienne, la suite fait le pont entre La Quotidienne et Le Magazine de la santé. C’est un chemin que nous traçons pour nos téléspectateurs, pour les accompagner naturellement jusqu’au Magazine de la santé ». Et il est vrai qu’en termes de thématiques, passer des questions de consommation à celles de l’alimentation, puis à celles de la santé de manière générale, c’est un parcours en or.

Enfin, quand on demande à France 5 si La Quotidienne, la suite est le programme qui manquait à midi, la chaîne évoque tout de suite la concurrence : « Evidemment, la concurrence est rude car nous sommes en face des JT. Mais ce choix s’inscrit évidemment dans la ligne de France 5 qui souhaite toujours offrir des programmes différents de ceux que l’on voit sur les autres chaînes. Une contre programmation qui fait notre identité ».

France 5 a pour vocation de proposer des axes d’approche différents pour des thématiques communes à bon nombre de chaînes. Ce qui suit en est l’exemple parfait.

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Les Boloss des Belles Lettres

C’est le nouveau programme court incarné par Jean Rochefort, qui a pris ses quartiers sur France 5 depuis Janvier dernier. Pastille humoristique visant à résumer et revisiter la littérature classique, elle est ici retranscrite en langage des « d’jeuns », à coup de « il tape la pose comme un boloss » (Cf. Le Petit Prince) ou de « petite zouz campagnarde pas dégueulasse » (Cf. Madame Bovary).

L’acteur de 85 ans, transformé ici en kaïra 2.0, s’adonne avec humour à une retranscription des œuvres les plus célèbres de notre littérature version jeune génération, avec le défi de le faire en moins de trois minutes par ouvrage. Roméo et Juliette de William Shakespeare, L’Odyssée d’Homère, Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, Le Père Goriot d’Honoré de Balzac, le Cid de Corneille, Le Parfum de Patrick Süskind… Tout un pogramme pour ravir les amoureux des belles lettres !

D’où vient l’idée de cette aventure ? De Quentin Leclerc, étudiant en lettres, et de Michel Pimpant, traducteur de jeux vidéo. D’abord connus via leur blog, ils ont ensuite été publiés chez Flammarion en 2013. Face au succès de l’édition du livre, les deux auteurs ont rapidement eu l’idée d’adapter la formule à l’écran, pensant immédiatement à Jean Rochefort pour l’incarner. Ainsi, en Mars 2015, l’adaptation de leur invention débarque sur YouTube. Madame Bovary ? Plus de 2 millions de vues. On peut effectivement parler de buzz.

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Comment s’emparer d’un tel contenu ? Particulièrement quand celui-ci a été conçu pour une diffusion web ? Patricia Corphie reconnait que cette adaptation « est un peu plus complexe pour être en adéquation avec l’ADN de France 5le ton est ici très décalé et peut déstabiliser le cœur de cible de la chaîne ». En effet, le langage adopté par Jean Rochefort ici n’est pas forcément accessible pour le public fidèle dont la tranche d’âge ne correspond pas à ces expressions, mélange de dialectes de « kaïras », tics de langage SMS et autres anglicismes adaptés à notre langue française.

Il s’agit du challenge principal auquel à dû faire face France 5 avec cette émission, comme nous l’explique Patricia Corphie : « Le défi est ici de s’écarter de notre rôle de décryptage ». En effet, France 5 a toujours eu vocation d’être didactique et de rendre accessible la connaissance pour les téléspectateurs de la chaîne. « C’est donc déroutant de proposer un programme qui est justement codifié, qui repose sur un langage étranger à public le plus fidèle ». Mais c’est sans compter l’ingrédient magique : « Notre atout incontestable ici est Jean Rochefort, qui nous permet de toucher malgré tout notre public. Son style aide le programme à trouver sa place dans notre grille. Il rend Les Boloss des Belles Lettres abordable. C’est la personnalité idéale pour l’incarner ».

France 5 sait reconnaître ses points forts pour les mettre encore plus en avant. Elle sait être à l’écoute des attentes et demandes de son public et les adapter à l’écran pour les satisfaire toujours plus, les inclure dans ses magazines et dans son actualité. France 5, c’est la chaîne qui souhaite être interactive, participative, dans le partage avec ses téléspectateurs, être là pour apporter des réponses et solutions concrètes aux questions de tous les jours (société, politique, santé, consommation, culture, science, art de vivre, découverte etc). Enfin, c’est la chaîne qui n’attend pas d’être considérée comme « dépassée » pour se renouveler. Ces premiers changements de 2016 le traduisent parfaitement.

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Fabienne Barollier insiste sur la volonté de la chaîne de renforcer ses primes : « Historiquement, France 5 est une chaîne diurne. Ses journées sont très fortes et bien installées, grâces à des magazines emblématiques comme Le Magazine de la Santé, C dans l’air et C à vous. La chaîne n’existe en soirée que depuis une petite dizaine d’années, ce qui est très peu au regard des autres chaînes. Nos soirées ont un réel potentiel qu’il nous faut renforcer et valoriser ! ». C’est tout ce qu’on leur souhaite.

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