Échantillon de films pas mièvres avec des chevaux

Un jour, après moult discussions parfois virulentes, nous autres indexateurs avons dû nous résoudre à l’inévitable : créer une polarité autour des films avec des chevaux. Animal noble et racé, le canasson est pourtant, quand il a le premier rôle, un indice quasi imparable de nullité pour le film qui le met en scène. Ranchs désargentés, destriers héroïques, petites filles sages, poney meilleur ami, les clichés ne tardent pas à faire leur apparition, et avec eux une avalanche de bons sentiments. Ma mission, aujourd’hui, c’est de vous proposer de bons films de chevaux.

L’odeur de la mandarine, de Gilles Legrand

Sorti l’an dernier, ce film en costumes touchant et solidement interprété est un film sur le désir. Désir agissant comme un dérèglement et un obstacle, puisqu’il s’immisce dans la belle amitié entre un homme éclopé par la guerre et une jeune veuve venue s’occuper de lui. Le cheval, ici, est synonyme de liberté et d’indépendance pour cette femme moderne – incarnée par Georgia Scaliett – qui le monte avec facilité, tandis qu’Olivier Gourmet, ayant perdu une jambe, ne peut plus chevaucher comme avant. Il est aussi symbole de sexualité, de vigueur, dont on ne sait si elle fascine ou répugne la jeune femme. Le cheval, dès lors, devient un rival pour Olivier Gourmet. Bref, on est loin du poney gnangnan des films pour pré-ado.

Le cheval de Turin, de Bela Tarr

Film monstre de 2h et demi (temps ressenti : 12h), mettant en scène une campagne hongroise sinistre, où des flocons de cendre tournoient inlassablement autour d’une petite maison, le dernier film de Bela Tarr est une épreuve pour les nerfs et un éblouissement pour le regard. C’est le genre de film devant lequel Sophie aime roupiller, d’une lenteur déconcertante mais doté d’une photographie sublime. Le cheval est ici une vieille bête fatiguée qui ne s’alimente plus. De lui dépend la survie des deux personnages, un père et sa fille qui mangent (beaucoup) de patates. Pas besoin d’effets spéciaux faramineux pour illustrer un univers post-apocalyptique : un cheval mourant suffit, tant et si bien qu’il finit par incarner à lui seul la fin du monde.

Le Caravage, d’Alain Cavalier

On le savait amoureux des animaux, mais on n’imaginait pas Alain Cavalier irait jusqu’à consacrer un film au cheval, quand bien même son patronyme l’y prédestinait. Habituellement ce sont surtout les volatiles – oiseaux qui lui rendent visite ou petit paon mort auquel il offre une sépulture dans Le Paradis -, mais aussi les chiens et les chats qui attirent son attention. De la même façon que le documentaire Bovine permettait de redécouvrir les vaches, cet animal qui nous semble familier mais sur lequel notre regard ne s’attarde pas vraiment, Cavalier filme le corps des chevaux, leur forme en détail, leur musculature. Plus encore, il montre la relation particulière entre l’écuyer Bartabas et sa monture. Car c’est là tout l’enjeu d’un bon film avec des chevaux : savoir trouver l’équilibre entre la place qu’on accorde à l’animal, et celle qu’on donne à l’humain.

Si vous avez en tête d’autres bons films avec des équidés sympathiques, partagez-les ci-dessous dans les commentaires !

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